Waterloo la plus célèbre des défaites

Par Belinconnux

Pourquoi choisir de commencer cette série de récits des grandes batailles de Napoléon par la dernière et qui plus est par une défaite ? Tout d’abord parce que nul autre Capitaine que napoléon ne parviendra à rendre une telle défaite aussi « glorieuse » ! Hannibal fut écrasé à Zama, César repoussé à Gergovie, Frédéric II étrillé à Kölin, Rommel brisé à El Alamein ; aucune de ces batailles n’a autant marqué l’histoire que Waterloo. Mais il faut dire qu’elle clôture une époque et que napoléon sut si bien écrire sa propre histoire. Car ici, cas pratiquement unique, c’est le vaincu qui écrira l’Histoire. Ne nous leurrons pas : c’est bien l’Empereur qui est vaincu, pas Wellington qui est vainqueur. D’ailleurs, au grand dam des Anglais, il se vend sur le champ de bataille de Waterloo 4 fois plus d’objets à l’effigie de napoléon qu’à celle de Wellington. Comme l’a écrit Robert Merget : « Parce que Waterloo, ultime bataille du plus grand capitaine des temps modernes, semble être aux yeux de beaucoup, entachée par une tricherie du destin désireux de frapper celui qui avait disposé jusqu’alors de la chance avec une telle insolence ».

Avertissement

Il est de coutume de raconter Waterloo comme dernier acte de la campagne de Belgique. J’ai choisit de me centrer uniquement sur le 18 juin 1815. D’abord parce que Morne Plaine concerne des batailles et non des campagnes, ensuite parce que j’ai aussi l’intention d’écrire des articles sur l’aspect stratégique, dans lesquels celle ci sera incluse. Mais maintenant place au fracas des armes …

Le champ de bataille et le déploiement

La bataille de Waterloo va se dérouler dans un mouchoir de poche par rapport aux autres grandes batailles de l’époque. En effet, c’est sur un front de moins de 4 km que l’affrontement aura lieu. La ligne Anglaise est globalement orientée sud-ouest / nord-est et les assauts Français se feront sur une direction nord nord-est.

Wellington a étudié les lieux avec précision. Il a décidé bien avant le retour de Napoléon qu’elle constituait une position idéale pour arrêter une éventuelle invasion Française. Il a placé son armée selon son habitude, comme en Espagne : ses troupes occupent un plateau couvert par des accidents de terrain (chemin creux) et des points d’appui (le château d’Hougoumont, la ferme de la Haye Sainte, la ferme Papelotte et le château de Fischermont) qu’il a fait sommairement fortifier et occuper par de bonnes troupes L’infanterie est en ligne, l’artillerie en avant et la cavalerie en arrière en soutien prête à charger opportunément. Tous ces braves gens sont en retrait de la crête du plateau pour se protéger des tirs de la puissante artillerie Française. L’infanterie est prête à se former en carré car Wellington craint beaucoup la cavalerie française[1] et les artilleurs prêts à se réfugier dans les carrés entre deux charges.

La première chose qui frappe dans ce dispositif c’est l’absence d’articulation entre le centre et les ailes. En fait il n’y a pas de centre ni d’ailes à proprement parler mais un centre gauche (prolongé par les brigades de cavalerie Vandeleur et Vivian) et un centre droit (couvert en retrait par la brigade Chassé). Le tout encadre 67 000 hommes et 160 pièces.

La deuxième surprise c’est l’hypertrophie de la droite alors que Wellington attendait ses alliés prussiens sur sa gauche … oui mais voilà : à droite c’est la route et la retraite vers la flotte Anglaise, le rembarquement[2]. Par ailleurs, alors qu’il allait affronter le vainqueur de l’Europe, la meilleure cavalerie d’Europe et une artillerie supérieure en nombre, le Duc de Fer[3] donna ordre au Prince des Pays Bas de se tenir à Hal avec 17 000 hommes  pour garder sa droite ! C’est d’ailleurs là ce qui chagrinait Gneisenau, le brillant chef d’état major de Blücher : « si les Anglais sont battus l’armée Prussienne courra les plus grands dangers ». « Pour qu’ils ne le soient pas, il faut que nous les aidions », lui répliqua son chef ! Et il promit l’assistance d’1 voir 3 corps à son allié (ce qui en dis long sur la qualité de la poursuite menée par Grouchy …).

L’armée Française est installée en face sur trois lignes :

  • La première comprend l’essentiel de l’infanterie avec de gauche à droite : la cavalerie du II° corps puis les 3 divisions restantes de ce corps (la division Piré, épuisée refait ses forces à Ligny, napoléon se privant là de 3 000 hommes) de la route de Nivelles à celle de Charleroi. Puis à la droite de la route les 4 divisions d’infanterie du I°corps prolongé par la cavalerie de Jacquinot. En avant de ce corps une grande batterie de 80 pièces de 12 du I°, II°, VI° corps et de la Garde.
  • La deuxième comprend la cavalerie de Kellermann (III° corps de cavalerie) derrière le II° corps ; 2 divisions du VI° corps (la division Teste est restée avec Grouchy) à droite de la route de Charleroi derrière le I° corps pour soutenir son attaque et les divisions de cavalerie légère Domon (III° corps) et Subervie (I°corps). Le 4° corps de cavalerie de Milhaud (cuirassiers) derrière le I° corps.
  • La troisième ligne est constituée de la Garde. Cavalerie lourde de Guyot derrière Kellermann ; infanterie de part et d’autre de la chaussée et cavalerie légère derrière Milhaud.

Au total 74 000 hommes et 250 pièces.

Les plans de bataille

Pour Wellington il est très simple : tenir jusqu’à l’arrivée des Prussiens ! Il est rompu à ce genre d’exercice qu’il a pratiqué 6 années durant en Espagne contre les lieutenants de l’Empereur avec succès. Son armée est disparate mais il a encadré les alliés Hollando Belges (qui d’ailleurs se tiendront fort bien malgré les remarques condescendantes que les Anglais continuent de leur lancer à ce sujet) par des brigades britanniques très solides tant au moral qu’au feu.

Pour Blücher il s’agit d’arriver dans les délais pour soutenir les Anglais en enfonçant le flanc droit des Français. Dans les délais mais pas trop tôt tout de même, il se méfie de ses alliés …

Napoléon en tant qu’attaquant se doit de développer un plan efficace pour emporter les positions alliées. On sait depuis La Moskova qu’il aime « prendre le taureau par les cormes ». Néanmoins il demande conseil à Reille, commandant du II° corps et vétéran d’Espagne. Celui ci lui déclare qu’en cette position l’infanterie Anglaise est invincible par la précision et la puissance de son feu, mais plus lente elle peut être vaincue par la manœuvre. En conséquence le plan est le suivant : la Grande Batterie canonnera le centre Anglais puis le I° corps (Drouet d’Erlon) attaquera la gauche Anglaise. Enfin, celle ci repoussée et tournée et les réserves ennemies engagées, la Garde soutenue par la cavalerie de réserve enfoncera la position par son centre.

La bataille commence

A 11 heures napoléon dicte son ordre de bataille (le terrain détrempé par la pluie de la veille n’a pas permit de prendre des dispositions plus tôt) : « Une fois que l’armée sera rangée en bataille, à peu près à 1 heure après midi, au moment où l’Empereur en donnera l’ordre au maréchal Ney, l’attaque commencera pour s’emparer du village de Mont Saint Jean. A cet effet, les batteries de 12 des I°, II° et VI° corps tireront sur les troupes de Mont Saint Jean et le comte d’Erlon commencera l’attaque en portant en avant sa division de gauche et en la soutenant, suivant les circonstances, par les autres divisions du I° corps. Le II° corps s’avancera à mesure pour garder la hauteur du comte d’Erlon ». Nulle mention d’Hougoumont ni de la Haye Sainte, en effet la reconnaissance du champs de bataille n’avait pas été menée avec la rigueur voulue et personne dans l’armée ne soupçonnait la présence d’une ferme fortifiée au delà du rideau d’arbre d’Hougoumont ! Au demeurant il n’aurait pas été très raisonnable de la part de Wellington de faire occuper solidement une position à 400 mètres de son front ! Pourtant, les quelques compagnies qui y sont retranchées tiendront en échec presque tout le II° corps. Quant à la Haye Sainte elle est allègrement confondue avec Mont Saint jean et aucune reconnaissance ne la donne comme fortifiée ni occupée non plus.

A 11h30 la brigade nord-est de la division Jérôme du II° corps pénètre dans le bois d’Hougoumont, s’emparent du verger et tombent sur le mur crénelé du château … d’où les Coldstream Guards la fusille à bout portant entraînant son reflux et la mort du général nord-est Le frère de l’Empereur engagera sa deuxième brigade puis obtiendra l’appui de la division Foy. Toute la journée, 10 000 hommes vont s’acharner contre cette position défendue par  1500 Anglais et Nassauviens, alors que l’idée de napoléon n’était que de faire une démonstration sur la droite Anglaise tandis qu’il attaquant sa gauche. Un moment, on cru le château pris quand le lieutenant Legros (dit l’enfonceur) abattit à coup de hache la porte suivi par quelques soldat du 13° léger. Mais les défenseurs parvinrent à les repousser. L’artillerie ne vint pas détruire les murs de la ferme et ne fit qu’un inefficace feu de contre batterie contre son homologue sur le plateau en face (1 200 à 14 00 m). Sur la gauche du corps, la division Piré attendait. Elle attendra toute la journée.

A 13h30 Ney mène à l’assaut de la gauche Anglaise le I° corps de Drouet d’Erlon. La grande batterie se tait pour laisser passer les bataillons. Placée trop loin et tirant sur des troupes en retrait et/ou couchées derrière une ligne de crête elle ne fit guère de mal aux Anglais. Le Prince de la Moskova dispose de 4 divisions d’infanterie et de 3 divisions de cavalerie dont les 2 de cuirassiers de Milhaud pour son attaque. Il faut s’arrêter sur la formation de l’infanterie. Les bataillons auraient du être en colonne de division[4] ouvertes et à 400 pas l’un de l’autre pour pouvoir se déployer or ils sont montés à l’assaut en colonnes fermées et serrés les uns derrière les autres. On ne saura jamais pourquoi D’Erlon leur fit adopter cette funeste formation. Quoiqu’il en soit la brigade Quiot de la 1° division marche en avant et attaque la Haye Sainte sans succès. Là encore, personne n’a amené du canon pour abattre les murs et abasourdir les défenseur. L’autre brigade forme alors la gauche de l’attaque Française et aborde la ligne Anglaise qu’elle déloge jusqu’aux haies du chemin d’Ohain. Là, elle cherche à se déployer ainsi que sa voisine (la 2° division), malheureusement leur formation compacte ne le leur permet pas et c’est alors que Picton fait lever les brigades Kempt et Pack et ordonne le feu à 40 pas puis la charge à la baïonnette. Les troupes Françaises refluent en désordre. C’est alors que Wellington lâche la brigade de cavalerie lourde de Ponsonby (Royal Dragoons et Scot Grey, en tout 1 100 cavaliers d’élite) sur ces masses désordonnées. Les Anglais tronçonnent et hachent les fantassins Français désemparés. A la gauche de la Haye Sainte, la Brigade des Gardes de Somerset (le futur lord Raglan) refoule la brigade des cuirassiers de Travers qui appuyait l’assaut. La retraite de la 2° division entraîne celle de la 3° qui vient de toute façon de recevoir aussi le feu de Pack, incapable qu’elle était de se déployer. Seul, Durutte (4° division) à droite, chargé d’enlever la ferme de la Papelotte (couvrant la gauche Anglaise) et le château de Fischermont pourra reculer malgré la pression. Il le fera en ordre. Il faut dire qu’il était le seul à avoir déployer sa division « proprement ». Les dragons Anglais continuent leur charge et atteignent la Grande Batterie. C’est là qu’il sont chargés de front par les cuirassiers de la brigade Farine et en flanc par les lanciers de Jacquinot. Ponsonby est tué. Les débris refluent vers les lignes Anglaises où Wellington les saluera chapeau bas.

Il est 15 h, la ligne Anglaise n’est pas ébranlée, Hougoumont flambe mais tient bon et 5 000 soldats Français sont tombés. Les 2° (Donzelot) et 3° (Marcognet) divisions Françaises sont complètement désorganisées, la première continuera à tirailler contre les Anglais toute la journée, la 4° combattra seule autour de Fischermont et Smohain. Visiblement Napoléon n’a pas envisagé de réorganiser et regrouper le I° corps pour le relancer à l’assaut. Seule action à cet endroit pourtant déterminant : une demi heure plus tard, Ney reçoit l’ordre de s’emparer de la Haye Sainte. Prenant les dispositions adéquates il y parvient et installe une batterie derrière le bâtiment qui canonne à courte portée les Anglais qui souffrent alors beaucoup. Voyant le centre adverse ouvert –ou du moins le croyant car il prit pour un repli ce qui n’était qu’un recul pour s’éloigner de l’artillerie- il fit demander des troupes à napoléon. Celui ci lui fit donner l’ordre de « préparer la cavalerie de Milhaud et de Kellermann ». Ce qui se passa à ce moment n’est pas très clair. Toujours est-il que Ney ne se contenta pas de former la cavalerie mais qu’il l’entraîna derrière lui pour charger le cendre Anglais, à la gauche de la Haye Sainte. Débutèrent alors vers 16h/16h30 les fameuses charges de la cavalerie Française à Waterloo.

L’arrivée des Prussiens et leur première attaque

Vers 13h, des mouvements de troupes se font voir à l’Est, du côté de Chapelle Saint Lambert. J’aurai l’occasion dans ma prochaine contribution à ce fabuleux site de revenir sur les raisons qui ont amené la défaite ce jour là, mais disons simplement que napoléon ne fût pas particulièrement surpris de constater qu’il s’agissait des Prussiens. Il pensait que c’était le IV° corps absent à Ligny et que Grouchy ne pouvait rattraper (ce qui était parfaitement bien vu) mais que le reste de l’armée Prussienne ne pourrait pas rejoindre la bataille (ce qui était exagérément optimiste). Par conséquent il fit envoyer un ordre à son maréchal détaché pour lui demander de se rapprocher afin de prendre les Prussiens à revers. Puis il fit envoyer les divisions de cavalerie Domon et Subervie pour observer ses adversaires, en avant du VI° corps qui devait suivre pour les contenir le temps de détruire les Anglais.

Blücher observait la bataille. Lorsqu’il vit ou connu les charges de cavalerie Française se déclencher, il ordonna à Bülow d’attaquer. Le VI° corps Français, à 1 contre 3 résista bien et se replia en combattant pied à pied. Durutte, toujours accroché à la Papelotte et à Smohain se forma en potence pour contenir l’extrême droite Prussienne et empêcher sa jonction avec les Anglais. Mais la disproportion des forces et les 88 canons Prussiens contraignit Lobau à se barricader dans Plancenoit.

Les charges de la cavalerie Française

Il est 16h, Ney enlève ses cavaliers rutilants et les mène vers les carrés Anglais. Ceux ci sont au nombre de 24, disposés en échiquier avec l’artillerie quelques dizaines de mètres en avant. Tout va se jouer et la légende s’écrire sur les quelques hectares entre le fameux chemin creux et l’Est de la route de Nivelles. Les cavaliers ne peuvent pas voir leurs cibles, dissimulées en arrière de la crête du plateau. Mais les fantassins ne peuvent qu’entendre le bruit sourd et montant des milliers de sabots frappant le sol. Les régiments de cuirassiers gravissent péniblement les pentes grasses du plateau et subissent le feu des canons alliés puis celui des carrés. Charges après charges, ils entreront dans la légende. Comme héritiers de la chevalerie fauchée à Crécy et dans tant d’autres combats où ses chefs n’ont compté que sur sa bravoure pour l’emporter.

Ici, le Prince de la Moskova comme toujours drogué par l’action et l’odeur de la poudre, faisant preuve de prodiges de bravoure, ne pensera pas à appeler à lui la division Grey du II° corps (seule non engagée contre Hougoumont) pour maintenir ses cavaliers sur le plateau et emporter les canons pris à l’ennemi[5]. Lorsqu’il le fit, les cavaliers étaient redescendus et ces braves fantassins se firent hacher par le feu Britannique.

Devant l’échec de ses charges, Ney entraîna la cavalerie légère puis lourde de la Garde. Que c’est-il passé alors ? Napoléon ne pouvait pas ne pas assister à ces préparatifs (6000 chevaux ne partent pas à la charge en 10 minutes), un aide de camp envoyé eu cloué les régiments sur place. Il y aurait eu un échange entre lui et Soult, alors major général de la Grande Armée :

-  « Ce mouvement est prématuré ! »
-  « Oui Sire, le Prince de la Moskova nous compromet comme à Iéna »
-  « Néanmoins il faut soutenir ce qui est fait »

J’aurai l’occasion de revenir sur ce dialogue dans un prochain article.

Ney charge alors à nouveau, balaye les escadrons Anglais avec la cavalerie de la Garde puis s’abat sur l’infanterie qui résiste toujours. Wellington est inquiet. On l’entend murmurer : « Les Prussiens ou la nuit ». Il dicte un ordre de retraite qu’il annule[6].

A 17h30, Ney enlève la dernière réserve de cavalerie de l’armée, les Carabiniers du général Donop du corps de Kellermann. Un vif échange oppose le comte de Valmy au Prince de la Moskova à ce sujet. Il est clair que ces deux régiments n’apporteraient rien de plus et que leur présence, intacts, deux heures plus tard eu changé bien des choses. Mais Ney veut en finir. Certains escadrons ont chargé 14 fois ( !), les Anglais sont épuisés, il le sent, un dernier effort et il leur passe sur le ventre. Alors avant de repartir à la charge sur son troisième cheval (les deux autres ayant été tués sous lui) il fait demander de l’infanterie à l’Empereur. Le Brave des Braves peut croire à la victoire car des carrés ennemis sont engloutis par cette charge, littéralement fauchés sur place. Mais l’essentiel tient bon et la cavalerie Française redescend une fois de plus le plateau car à la droite de l’armée les Prussiens progressent et la dernière réserve qu’est la Garde va devoir intervenir à cet endroit. Comme l’écrit le commandant Lachouque : « Sabres et lances brisées, la cavalerie Française vient une fois encore d’entrer dans l’Histoire, tout autant que l’infanterie Anglo-allemande qui a su lui résister »[7].

Les Prussiens à Plancenoit

18 heures. Bülow prépare l’enlèvement de Plancenoit, dernier verrou sur la ligne de retraite de l’armée Française. Il emporte le village malgré les prodiges de courage des combattants du VI° corps débordés. Alors l’Empereur envoi la Jeune Garde de Duhesme et 3 batteries reprendre le village. Ce qu’elle fait mais à ce moment (il est 18h30) le I° corps Prussien de Ziethen fini par se décider à attaquer la ligne Française à Smohain libérant la gauche de Bülow qui reprend Plancenoit. Napoléon envoi les 1° bataillons des 2° grenadiers et chasseurs qui rejètent les Prussiens du village à la baïonnette. Mais au loin derrière Bülow le II° corps Prussien (von Pirch I°) se dessine ! Il faut rejeter les Anglais du plateau alors …

L’attaque de la Garde

Napoléon donne au Maréchal Ney les 9 bataillons de Garde qui lui reste (le 1° du 1° chasseurs, le 1° grenadiers (les 2 bataillons) gardant la route contre les pointes Prussiennes). Le Rougeaud regroupe les restes des divisions Foy et Grey et quelques bataillons épars du I° corps derrière la Garde puis part à l’assaut de la ligne Anglaise. Prévenu par un déserteur Français de l’attaque imminent de la Garde, Wellington fait renforcer sa ligne, coucher les Guards et attends. Ses pièces crachent à double charge sur les Français qui serrent les rangs, bousculent une demi douzaine de bataillons épuisés puis retentit un tonitruant : « Up Guards ! » suivi d’un « Fire ». A 40 pas (40 …) les Gardes de Maitland couchent 400 soldats des 3° et 4° chasseurs à pied avec le général Michel. Les braves refluent en ordre. L’attaque de la Garde a échouée. Est-ce à ce moment que retentit ce cri « La Garde recule ! » suivi du fatidique « Sauve qui peut ! » ?

La déroute

Il est 20 heures, la ligne Française craque de partout : les Prussiens prennent définitivement Plancenoit (le général Duhesme blessé y sera assassiné par un officier Prussien) ; Ziethen prend Smohain et pousse les maigres bataillons de D’Erlon devant lui. Alors, Wellington ordonne un dernier effort à ses soldats et les envois en avant pour participer à la poursuite des Français. Pour ces derniers c’est l’heure de la déroute, toute l’armée se délite, seuls les bataillons de la Garde restent tels des forteresses vivantes, reculant pied à pied et fondant sous la mitraille. Une dernière décharge et ils se dispersent. A la hauteur du Caillou, le 1° bataillon du 1° grenadiers les recueille dans ses rangs.

L’Empereur quitte le champ de bataille à 21 heures au milieu du carré du 1° bataillon du 1° chasseur.

24 000 Français gisent sur le sol avec 15 000 Anglo-alliés et 6 000 Prussiens. Par ailleurs 7 000 restent aux mains des Alliés (dont Cambronne laissé pour mort sur le terrain). Il est à noter que si les Anglais se comporteront fort bien avec les blessés, les Prussiens en massacreront des centaines.

Comment Napoléon a-t-il pu perdre cette bataille ? Qui est responsable des charges  de cavaleries massives ? Napoléon attendait-il Grouchy ? Je me propose de vous fournir une analyse détaillée de la bataille après son récit dans un autre article.


  1. Des années plus tard, Wellington dira « la cavalerie française est la meilleure d’Europe. Vous pouvez me faire confiance … » []
  2. Wellington 10 ans plus tard le confia dans une lettre : «  je n’ai jamais projeté de me retirer sur Bruxelles. Si j’avais été refoulé, j’aurais effectué ma retraite sur ma droite, vers la mer, mes vaisseaux, mes ressources. » []
  3. Surnom donné à Wellington : « The iron Duke ». []
  4. Un bataillon encadrant 6 compagnies, une division est composée de 2 compagnies de front. Un bataillon en colonne de divisions est donc formé de 3 divisions séparées entre elles par une distance égale à la moitié du front d’une compagnie (colonne fermée) ou égale au front d’une compagnie (colonne ouverte). Cette formation propre à l’armée Française est la clef de sa souplesse. En effet elle peut de là adopter rapidement le carré ou la ligne sans compter que les changements de front se font plus rapidement que dans les autres armées combattants en colonnes fermées par compagnies ou en ligne. []
  5. Les artilleurs après avoir tiré jusqu’au dernier moment se réfugièrent dans les carrés … pour en sortir et recharger leurs pièces entre chaque charge car les cavaliers n’avaient pas de quoi enclouer les pièces et personne ne songea à en détacher pour les amener à l’arrière ! []
  6. Par 3 fois le commandant Anglais dictera la retraite mais reviendra sur sa décision. J’y reviendrai. []
  7. Et par la même occasion la puissance de tir de l’infanterie Anglaise est surestimée dans tous les jeux de guerre ! Et je ne parle pas des Bw(S) … les connaisseurs apprécieront. []

2 réponses pour “Waterloo la plus célèbre des défaites”

  • Pierre-JeanTAVERA Says :

    petite erreur de l’auteur;le général DONOP ne commandait pas la brigade de carabiniers( 1er et 2ème carab.),mais la 2ème brigade de la 12ème division (général
    d’HURBAL)du 3ème corps de cavalerie de réserve(général KELLERMAN.
    Au demeurant bravo pour cette synthèse de waterloo;c’est une remarquable résumé de vulgarisation pour les non initiés(ce n’est pas mon cas)

  • Pierre-JeanTAVERA Says :

    additif à mon message:le général donop fut tué à waterloo comme beaucoup d’officiers généraux et d’officiers supérieurs

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