28 novembre 1812

Par payou

Rive gauche de la Berezina.

Sur la rive gauche, Victor ne dispose que des divisions Girard et Daendels et de la cavalerie Fournier, soit environ 10 000 hommes; il couvre Studianka face au sud-est, la droite appuyée à la Berezina et couverte par un petit ravin, la gauche vers le ravin de Trostianitscé, protégée par la cavalerie placée en avant d’ un petit bois; l’ artillerie maintient les Russes à distance.

Une multitude de traînards, qui ont refusé de franchir la rivière la nuit, se précipite alors, encombre les ponts et embarasse la défense. Dès la pointe du jour, les Russes ouvrent le feu et couvrent de projectiles la foule entassée à l’ entrée des ponts, qui se trouve gagnée par l’ épouvante; sur le pont les uns sont foulés aux pieds ou renversés par les voitures, d’ autres précipités dans l’ eau glacée, tandis que les derniers tentent de franchir la rivière à la nage ou sur les glaçons. Cependant les Russes dirigent leurs efforts contre l’ aile droite de Victor, la plus rapprochée des ponts; leur cavalerie se jette sur les escadrons du général Fournier, qui, malgré leur infériorité numérique, parviennent après plusieurs charges à la rejeter vers le ravin de Trostiannitscé. En même temps, l’ infanterie russe débouche par le petit ravin contre l’ aile droite des Français; elle reçoit l’ appui d’ une batterie dont les boulets atteignent les ponts et y produisent un désordre indescriptible. Heureusement, les troupes françaises situées sur la rive droite peuvent contrebattre cette artillerie, tandis que l’ infanterie de Victor se jette dans le ravin et arrête la marche des Russes vers les ponts; obligée de fléchir devant le feu des Russes, elle parvient finalement à contrer les efforts de l’ ennemi, et la nuit met fin à la lutte.

Les Français ont perdu de 3 000 à 4 000 hommes, les Russes de 7 000 à 8 000. Les 10 000 hommes de Victor ont lutté victorieusement contre 40 000 Russes. Le maréchal Victor a ainsi effacé les fautes dues à ses hésitations précédentes. La nuit venue, il franchit les ponts et, le 29 au matin, ceux-ci sont incendiés; les blessés qui n’ ont pu être emmenés tombent sous le pouvoir des cosaques. L’ armée précipite sa marche sur Zembin. Le 29 novembre, Ney, qui forme l’ arrière-garde, laisse le général Maison pour défendre le pont de Zembin : attaqué le soir, Maison franchit le pont et y met le feu.

D’ un point de vue stratégique, la Berezina est une victoire française, dans la mesure où l’ armée russe n’ a pas réussi à empêcher les Français de passer cette rivière. Pertes françaises : 2 000 tués, 7 000 à 10 000 prisonniers, auxquels s’ ajoutent les 4 000 hommes de la division Partouneaux, tous tués, blessés ou prisonniers. Pertes russes : Environ 10 000 tués et blessés, et 3 000 prisonniers capturés sur la rive droite.


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