L’armee autrichienne en 1809

Par Belinconnux

Bref portrait

Lors de la Guerre de Succession d’Autriche elle s’est bien comporté mais depuis elle n’a cessé depuis de prendre des raclées quelques soient ses adversaires à peu de choses près. Napoléon l’ayant humiliée en Italie et en 1805.

C’est une armée aux structures archaïques, dirigée par le Conseil Aulique qui prépare les plans stratégique et dirige les opérations depuis Vienne. Ses membres sont de la plus haute noblesse, pas forcément choisi pour leurs compétences.

Au milieu de tout cela l’Archiduc Charles, frère de l’Empereur dérange car il souhaite réformer les structures de l’armée afin de la moderniser. Cela ne plait pas dans l’entourage de l’empereur et comme il n’est pas courtisan ceux qui le sont le desservent auprès de son frère. Il n’aura la place que devrait lui donner ses qualités militaires qu’en 1809 devant les catastrophes précédentes. Il se mettra au travail face à l’inertie des structures militaires Autrichiennes. Force est de reconnaître que bien que battu, il obtiendra face à Napoléon de meilleurs résultats que ces prédécesseurs, Autrichiens, Prussiens ou Russe. Même si la Grande Armée de 1809 est loin de valoir celle de 1805-1807.

L’Archiduc Charles est le meilleur général Autrichien depuis longtemps et même le meilleur dont les alliés aient pu disposer depuis Suvarov. Le champ de bataille le révèle : brave, ardent, charismatique, nanti du coup d’oeil militaire qui lui fait voir le moment ou le point décisif, il sait alors prendre les bonnes décisions. En revanche lorsqu’il mène campagne il devient plus prudent, pusillanime et indécis.

Lors de l’ouverture de la campagne il dispose de la supériorité numérique face à l’armée d’Allemagne et de l’initiative puisque l’Autriche envahira la Bavière, alliée de la France, sans déclaration de guerre préalable. Il ne saura profiter de la dispersion des forces françaises « organisée » par Berthier (génial Major de l’armée mais piètre général) pour écraser le corps de Davout. En même temps ses compétences militaires étaient loin d’atteindre celles du Maréchal de Fer qui réagira lui immédiatement avec le peu de renseignement dont il disposait et sauvera son corps qu’il joindra à la Grande Armée amenée par Napoléon.
Indécis, lent dans ses manœuvres Charles ne saura trop quoi faire de sa position de force. Napoléon en arrivant (il rassemblait une armée à Paris et était en Espagne avant) regardera la carte avec incrédulité. « Les positions de l’ennemi doivent être fausses! » « Non Sire, tous nos renseignements concordent! » « Cette armée est donc à moi ». En 5 jours Napoléon remportera 5 victoires, détruira 50 000 hommes à Charles et le contraindra à la retraite vers Vienne. A noter néanmoins qu’il ne pourra détruire son armée que l’Archiduc repliera derrière le Danube en ordre.

A Essling malgré une supériorité numérique écrasante (au moins 2/1) et pire en artillerie Charles ne pourra détruire la tête de pont française. Il sera même sur le point d’être brisé au centre au moment où le grand pont a cédé. On s’interroge encore sur le fait qu’il n’ait pas fait bombarder à outrance l’ile Lobau pour empêcher les FR de s’y installer tranquillement alors même qu’il avait déjà plus de 100 pièces en bordure du fleuve. Toujours son indécision en dehors du feu.

Charles avait tenté de réorganiser en la réformant l’armée Autrichienne :

  • formation en corps d’infanterie et une réserve de cavalerie
  • réserve de grenadiers (élite)
  • standardisation de l’artillerie avec bon support aux corps
  • formation d’une avant garde légère
  • transformation des tactiques linéaires traditionnelles en colonnes pour l’assaut.

Cette dernière modification passait très mal parmi les anciens officiers qui l’appliquaient mollement voir pas du tout! Les colonnes de division copiées sur les français n’étaient pas efficaces car trop lourdes, trop d’espace entre les compagnies.

Wagram

Charles alors qu’il est sur son territoire, n’est pas parvenu à renforcer son armée pour la monter au niveau de Napoléon. C’est un signe des grosses difficultés d’approvisionnement et d’organisation de l’Autriche. Cela montre aussi son peu de poids en dehors du champ de bataille. Néanmoins il lèvera quelques corps francs et landwehr qu’il répartira dans les corps pour les renforcer, les doter en troupes légères et faciliter la tenue de points d’appui. Meilleure idée que de les embrigader entre eux.

Pendant ce temps, tout en gérant son Empire, Napoléon augmentait ses effectifs de 50%, multipliait son artillerie anticipant sur l’importance de l’arme dans la bataille à venir ; préparait son franchissement du fleuve (encore une fois pourquoi la Lobau n’a pas été bombardée à outrance ?) ; administrait sa conquête.

Charles ne saura décider s’il attendrait les français dès leur sortie de la Lobau ou en retrait sur le plateau derrière le Russbach. Néanmoins il fera commencer des travaux de fortification sur le dit plateau sans se préoccuper qu’ils soient bien exécutés (il ne le seront pas). Et puis il renforcera de fortificatiosn l’espace entre Essling et Aspern persuadé que les français repasseraient par le même endroit (curieux vu le succès du premier passage non?). Un fois la Grande Armée commencera à se déployer il se décidera pour se replier sur le plateau et appellera à lui son frère Jean mais laissera à 10 km derrière lui le corps de Reuss alors qu’il se savait en grande infériorité numérique. D’ailleurs dans ce cas devait- il accepter la bataille? Non bien sur !

Il répartit son armée en arc de cercle car il ne sait décider laquelle de ses lignes de retraite protéger donc il laisse à une armée plus nombreuse la possibilité d’occuper un espace moindre et de manoeuvrer en lignes intérieure.

Les soldats autrichiens eux avaient confiance en leur général qu’ils aimaient. Ils avaient un bon moral car ils avaient tout de même remis à l’eau l’armée française réputée comme invincible surtout avec Napoléon à sa tête. Ils défendaient leur pays en vue des clochers de leur capitale. Bonne motivation donc. Ils se battront bien, avec acharnement et ne reculeront que pied à pied. Mais les généraux n’appréciaient pas Charles et feront le service minimum bien qu’avec courage.

Que s’est-il exactement passé le 05 au soir ?

Napoléon avec son infaillible coup d’oeil aperçoit que la ligne autrichienne est ouverte du côté de Wagram. Il ordonne donc à Davout (qui ronchonne comme toujours et qui comme toujours aura raison) et à Oudinot d’attaquer respectivement Neusield et Baumersdorf. Plusieurs milliers de soldats y laisseront la vie ou un membre pour rien mais au fond ils n’avaient pas le rôle principal. C’est Bernadotte avec ses Saxons suivi de Mac Donald avec ses Italiens qui devaient porter le coup de grâce en emportant Wagram et couper ainsi l’armée ennemie en deux. La nuit commençait à tomber et dans ce cas le contrôle sur les troupes est toujours très délicat et les méprises possibles. Mac Donald le fit savoir et se fit rabrouer tandis que Bernadotte n’en parla que le lendemain. Bref, il envoie ses Saxons sur le village et passer le Russbach. Ils y vont suivis en retrait par les Italiens. Le passage du ruisseau est difficile, les voilà en désordre. Ils tentent de se réorganiser avant de pousser sur le plateau et de consommer la défaite autrichienne. Mais Charles aussi à un bon coup d’oeil. Il a vu le danger et préparé le contre tandis que l’attaque se montait. Les Saxons sont attendus, fusillés et chargés. C’est la panique ils refluent en troupeau et repasse le Russbach dans un désordre indescriptible sûrement en hurlant des jurons en allemands (le problème c’est qu’ils parlaient la même langue que les autrichiens …). Les Italiens voient arriver sur eux des hommes qui parlant comme l’ennemi, habillés comme lui en blanc et qui leur fonce dessus. Ni une ni deux ils font feu sur les malheureux Saxons qui déroutent de plus belle. Voyant que leurs tirs n’arrêtent pas l’ennemi -et pour cause- les Italiens s’enfuient à leur tour. Le lendemain à la première attaque les restes bien clairsemés des Saxons dérouteront aux premiers tirs, seul Napoléon pourra les arrêter et il virera Bernadotte du champ de bataille par la même occasion.

Dans la nuit du 05 Charles a arrêté son plan : attaquer à gauche pour arrêter Davout et attaquer à droite pour couper les FR de leurs bases ; la Lobau. Cela ne suffisait pas que l’armée autrichienne soit étalée sur 10 km il en a rajouté 5! La suite en connue : la contre marche de Masséna vers le Danube, la Grande Batterie et l’attaque de Mac Donald. Mais s’ils sont battus les autrichiens se replient proprement et l’armée française devra se réorganiser avant de lancer la poursuite. Celle-ci se terminera à Znaïm où Napoléon refusera de profiter de son avantage pour détruire l’armée ennemie afin probablement de faciliter les négociations de paix.


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